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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 12:41
Dominique Strauss-Kahn est l'invité de l'émission "A vous de juger " (France 2, jeudi 8 décembre à partir de 20h50). Commenttez sa prestation sur le blog !
Par Tanger - Publié dans : Médias
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 12:21
par Dominique STRAUSS-KAHN et Christian SAOUT Libératon jeudi 01 décembre 2005 Dominique Strauss-Kahn est député PS du Val-d'Oise, Christian Saout président d'Aides. En dépit de plus de vingt ans de lutte contre le sida, l'urgence ne faiblit pas. Urgence en matière de prévention, afin de changer les comportements et rompre durablement la chaîne de contamination. Urgence sur le plan de la recherche, afin de trouver les moyens de soulager les souffrances. Urgence sanitaire, avec plus de 40 millions de personnes atteintes dans le monde, dont 25 millions en Afrique. Chacun mesure avec effroi les ravages toujours croissants d'une pandémie qui confronte ses victimes au désarroi, à la solitude et souvent à la mort. Au-delà des discours et des incantations, nous pouvons, nous devons soulager les populations atteintes, encourager et soutenir leur mobilisation, leur donner accès aux soins et encourager la recherche. Cela est possible ! En France, la prévention d'abord. Effet indirect des progrès thérapeutiques réalisés au cours des années 90, le sida fait moins peur aujourd'hui qu'il y a dix ans, et l'impact des campagnes de prévention et de réduction des risques s'érode progressivement. Pourtant on compte toujours plus de 150 000 personnes atteintes en France. Pour être efficace, la prévention doit amener à une compréhension élevée de la maladie et de ses risques. On ne peut donc que déplorer les faiblesses de l'éducation à la santé en général et aux maladies sexuellement transmissibles en particulier, en milieu scolaire comme parascolaire. Il s'agit donc de développer une approche globale d'éducation à la santé, à la sexualité et à la contraception et de sensibilisation aux risques en direction des jeunes, au sein même des programmes scolaires. Mais les populations vulnérables sont diverses. On constate aujourd'hui une crise de la prévention et une baisse notable de la protection chez les gays, ainsi qu'une recrudescence de l'épidémie chez les femmes originaires d'Afrique subsaharienne. Plus de 7 000 personnes (dernières données de l'INVS) découvrent leur séropositivité chaque année en France. Dans cette lutte contre l'épidémie, contre les pratiques à risque, contre l'ignorance de son statut sérologique, il s'agit d'adapter les actions en fonction des environnements culturels et sociaux et des populations : jeunes, homosexuels, femmes, populations migrantes... Pour cela, il y a urgence à élaborer et soutenir des messages forts, délivrés dans la proximité des personnes, brisant les tabous et les habitudes convenues. Il en va de la santé de notre jeunesse et de notre pays. Ces initiatives nécessitent de s'appuyer sur le réseau associatif, partie prenante dans le domaine de la prévention mais aussi de la lutte contre les discriminations. En effet, les personnes vivant avec le VIH-sida doivent encore trop souvent, en plus des souffrances liées à la maladie et à son traitement, subir l'exclusion au travail, dans leur accès au logement, au crédit et à certains soins, comme l'a récemment démontré l'enquête Vespa. La mise en oeuvre d'un revenu assuré et une politique volontaire en matière de logement peuvent permettre de réduire les fortes inégalités subies par les personnes infectées. De plus, le VIH-sida est une pathologie chronique évolutive qui devrait à l'avenir faire l'objet d'une allocation spécifique adaptée aux types de handicap qu'elle génère. Il faut également humaniser l'accompagnement des malades. En cela, la faiblesse des crédits aux associations et aux relais sanitaires aggrave une situation souvent déjà dramatique. Encadrement des patients, appartements thérapeutiques et structures de moyen séjour sont autant de dispositifs qui doivent recevoir un soutien pérenne des pouvoirs publics. C'est ainsi que les personnes touchées pourront se mobiliser et devenir les premiers acteurs de la prévention. Enfin, après les coups portés à l'aide médicale d'Etat (AME) par le gouvernement, ce dispositif doit retrouver son sens premier : prendre en charge les plus fragiles (sans-papiers, demandeurs d'asile) sans complexifier l'accès au dépistage ou aux soins et ainsi ne pas entraver le long processus de lutte contre la maladie. Exclure une population des soins, c'est prendre le risque de laisser la maladie se propager, mais c'est aussi renier l'engagement de la France envers les malades. Dans le monde, l'engagement de notre pays contre le sida ne peut être cantonné à notre territoire : au-delà de nos frontières, la situation est pire encore. Chaque année, l'épidémie tue plus de 3 millions d'hommes et de femmes, pour la plupart en Afrique. Moins de 10 % des malades ont accès à des traitements. Nous ne pouvons rester indifférents à cette catastrophe dont l'ampleur excède celle de beaucoup de génocides. Un espoir était né. A partir de 1997, des laboratoires gouvernementaux (au Brésil, en Thaïlande) et des compagnies privées (en Inde) se sont engagés dans la production de versions génériques d'antirétroviraux. L'apparition de ces traitements a permis de diviser le prix d'une trithérapie par dix, atteignant 150 dollars par an et par patient. Mais ces progrès sont menacés : le nombre de personnes porteuses de virus qui deviennent résistantes au traitement de première ligne augmente régulièrement. Or un traitement antirétroviral de seconde ligne est souvent d'un prix inaccessible pour les habitants des pays pauvres, entre 1 200 et 2 000 dollars par an. En effet, depuis le 1er janvier 2005, tous les pays en développement membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à l'exception de certains pays moins avancés (PMA), sont tenus de respecter les «Accords sur les aspects de droit de propriété intellectuelle qui touchent au commerce». Les pays signataires s'engagent à ne produire ou exporter des génériques qu'après vingt années de protection du médicament original. Cette situation pose d'ores et déjà problème. Treize pays, parmi lesquels le Brésil, l'Inde, le Maroc, la Tunisie ou encore la Turquie, ont ainsi dû accorder des brevets à des médicaments qui jusqu'alors n'étaient pas protégés. Dans de nombreux programmes africains d'accès aux traitements, les produits génériques indiens représentent aujourd'hui entre 50 % et 75 % des médicaments consommés par les malades. La remise en cause du droit de l'Inde ou du Brésil à exporter leurs génériques vers l'Afrique serait un désastre humanitaire. Les compagnies pharmaceutiques occidentales qui poussent à restreindre l'utilisation des génériques dans les pays en développement au motif qu'elles doivent couvrir leurs dépenses de recherche insultent notre éthique et notre intelligence : elles n'y réalisent qu'une infime part de leurs ventes ! Nous ne devons en aucun cas céder à leurs exigences ! L'une des seules possibilités de contourner cette entrave serait l'octroi, par des pays émergents, de «licences obligatoires» à leurs producteurs de génériques, afin d'exporter des médicaments vers des pays moins développés, comme la Déclaration de Doha les y autorise. Mais la complexité de ce mécanisme adopté par l'OMC est telle qu'il n'a jamais été appliqué. Les pays en développement portent une part de responsabilité. Longtemps, le déni de l'existence même de l'épidémie de sida y a prévalu. Aujourd'hui encore, certains gouvernements se montrent beaucoup trop frileux dans l'utilisation de ces licences. Mais les Etats-Unis, comme d'autres pays, doivent être dénoncés. Ils multiplient les accords bilatéraux avec des pays en développement, leur imposant des contraintes parfois scandaleuses : rallongement des durées de protection par les brevets au-delà de vingt ans ; blocage de l'enregistrement des génériques pour plusieurs années... La France doit s'opposer au sein de l'OMC à ce type d'accords et replacer la négociation dans le cadre multilatéral, où les pays en développement ont davantage de chances d'être justement défendus. De plus, quand les médicaments seront rendus financièrement accessibles pour les pays en développement, il restera à construire des systèmes de prévention, de soin, de distribution des médicaments et d'accompagnement des patients sans lesquels l'épidémie ne sera pas enrayée. Notre pays n'agit pas à la hauteur de l'urgence de la situation : la contribution française à la lutte mondiale contre le sida doit encore sensiblement augmenter. En 2002, la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme sous les auspices du G8 a ouvert l'espoir d'une prise en charge thérapeutique généralisée. Néanmoins, à peine trois ans après son lancement, cet instrument financier vit une crise sévère. Le fonds mondial a estimé les besoins à 17 milliards de dollars par an, soit le coût de quelques semaines de guerre en Irak, pour assurer la généralisation des traitements alors que l'abondement actuel n'est que de 3,5 milliards de dollars. A condition de le vouloir, ces sommes pourraient assez facilement être mobilisées. Malgré l'importance que le président de la République prétend accorder au multilatéralisme et au système onusien, la France ne contribue qu'à hauteur de 16 millions d'euros au Programme des Nations unies pour le développement, ce qui fait de notre pays le 11e contributeur à cette institution (loin derrière les Etats-Unis, la Norvège, le Japon, les Pays-Bas ou encore la Suède dont les contributions dépassent toutes les 60 millions de dollars). Nous devons refaire de l'aide au développement et de la lutte internationale contre la pandémie du sida une priorité budgétaire réelle. En effet, un récent rapport de Coordination Sud indique au contraire une baisse de l'aide française, une fois celle-ci expurgée des artifices comptables qui permettent de revendiquer une générosité factice. Soyons plus généreux, d'autres Européens le sont ! Enfin, la recherche doit constituer un axe majeur de notre politique. Les efforts qu'elle nécessite imposent de concevoir notre réponse à l'échelle de l'Europe. Le développement de nouvelles molécules à la fois plus efficaces contre le virus et moins contraignantes pour les personnes, le développement des microbicides et la découverte d'un vaccin doivent constituer une véritable ambition pour l'Europe. En effet, si les structures publiques de recherche européennes s'associaient pour être au coeur de ce grand dessein, elles porteraient l'espoir de millions de personnes. Cette politique suppose la mobilisation des moyens budgétaires nécessaires, elle doit viser à combiner intelligemment les efforts des pouvoirs publics, ils sont indispensables, et les potentiels de l'industrie européenne qui doit impérativement se mobiliser. Nous appelons nos amis européens à rejoindre ce grand projet. Dans une Europe tentée par le déclin et le repli, plus que jamais nous ressentons le besoin de nous engager pour une utopie réaliste, au service d'une grande cause de notre temps.
Par Tanger - Publié dans : Médias
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 12:20
Pour une société solidaire Intervention de Dominique Strauss-Kahn à l'université d'été du Parti Socialiste, le 30-08-2004 Mes chers camarades, Nous voici de nouveau réunis à La Rochelle. C’est la deuxième fois, depuis le séisme du 21 avril 2002. L’an dernier, c’était le temps de l’introspection, de l’analyse de l’échec. Puis il y a eu le Congrès de Dijon : le temps de l’opposition, le temps du retour des socialistes sur la scène politique, le temps de la dénonciation d’un gouvernement injuste et trompeur. Soyons optimistes : notre Congrès a été une réussite, nous sommes de nouveau audibles. Mais soyons lucides : à quoi bon être audibles si nous notre discours est mou, ambigu, hésitant ? Notre incapacité collective à articuler des réponses alternatives crédibles aux défis de la France - sur la sécurité internationale, sur les retraites, sur la Corse… - nous a affaiblis. Nous savons ce que nous ne voulons pas, mais qui peut dire ce que nous voulons ? Aujourd’hui, il nous faut entamer une nouvelle étape de notre reconstruction : celui du projet. Dans un monde plus mouvant, plus complexe, plus dangereux, les Français ont aujourd’hui besoin qu’on leur propose un chemin. La gauche doit être porteuse d’une vision, d’une alternative. Telle doit être notre tâche dans les mois qui viennent. Qu’est-ce qu’une société solidaire, qu’est-ce qu’une société juste ? Cette interrogation est au cœur de notre identité socialiste, elle doit être au cœur de notre projet pour la France de demain. Mais les réponses que nous apportons doivent évoluer. Pour atteindre son objectif de solidarité et de justice sociale, la social-démocratie traditionnelle avait un programme adapté à son temps, au 20ème siècle. Le monde a changé, et, pour atteindre les mêmes objectifs, nous socialistes d’aujourd’hui devons rénover notre corpus idéologique. Dans notre vision politique traditionnelle, une société solidaire, c’est une société fondée sur la redistribution. Le capitalisme produit des inégalités, et le rôle des socialistes est de corriger après coup les inégalités ainsi sécrétées, en redistribuant les bénéfices de la machine capitaliste de ceux qui en ont profité vers ceux qui n’en ont pas profité, ou qui en ont été les victimes. C’est ce que toutes les social-démocraties occidentales ont fait, depuis la deuxième guerre mondiale, en bâtissant l’Etat-providence : un « filet de sécurité » pour garantir les plus faibles contre les risques de la vie (maladie, accident, vieillesse, chômage) ; une redistribution fiscale afin que l’écart entre les « gagnants » et les « perdants » du système demeure acceptable. Ce programme historique du socialisme, l’Etat-providence, doit être poursuivi : - L’Etat-providence doit être poursuivi, d’abord, parce que certaines de nos réalisations ne sont pas conformes à nos objectifs. Je pense en particulier à notre fiscalité. Nous avons créé une machine qui redistribue la moitié de la richesse nationale. Pourtant, en dépit de ce taux global élevé, notre fiscalité contribue peu à la correction des inégalités. Les prélèvements sur les personnes physiques sont relativement stables : ils restent compris entre 50% et 60% quel que soit le niveau de revenus. Pourquoi ? C’est que la fiscalité française affiche une prétention redistributive, et qu’en réalité elle ne l’est pas. L’impôt sur le revenu en est le meilleur exemple. En apparence, il est très redistributif, confiscatoire diraient les conservateurs : un taux marginal supérieur de près de 50%. En réalité, c’est l’inverse : il ne s’applique qu’à une partie limitée du revenu ; il bénéficie d’une série d’abattements importants ainsi que d’exceptions et de niches diverses. Au total, la France a l’imposition sur le revenu des personnes physiques le plus bas du monde occidental : 7% du PIB contre plus de 11% en moyenne dans l’OCDE, y compris aux Etats-Unis ou au Royaume Uni. La fiscalité française est aussi victime d’un empilement invraisemblable de dispositifs, qui rend le système illisible, fait survivre des archaïsmes et compromet l’objectif de justice sociale. C’est pourquoi je vous propose de réfléchir à une vaste remise à plat de notre fiscalité, à un plan global pluriannuel englobant tous les instruments et permettant de retrouver une cohérence d’ensemble. S’il est un domaine où nous pouvons montrer que le réformisme peut être radical, chers camarades, c’est bien celui de la fiscalité. - L’Etat-providence doit être poursuivi, ensuite, parce que ses acquis peuvent à tout moment être remis en cause par la droite. La cruelle actualité estivale nous en donne un nouvel exemple. Les mécanismes de solidarité à l’attention de nos seniors ont été malmenés par le gouvernement Raffarin : il a coupé dans le budget de l’aide personnalisée à l’autonomie (APA) que nous avions créée avec Lionel Jospin pour répondre aux détresses de la grande dépendance ; il a rogné le financement des maisons de retraite que nous avions accru ; il a déremboursé les médicaments destinés aux personnes âgées. - L’Etat-providence doit être poursuivi, enfin, parce que nous n’avons pas achevé notre travail. Si l’été nous fait porter le deuil de nos aînés, l’hiver pourrait nous rappeler à notre indifférence pour les grands exclus de notre société. Durant la campagne présidentielle, Lionel Jospin avait annoncé une initiative pour éradiquer la grande pauvreté. Elle avait été raillée ! Mais dans quelle société vivons-nous pour que chaque hiver, dans l’indifférence, des centaines de nos concitoyens continuent de mourir de faim, de froid, d’abandon ? Oui, il faut réfléchir à une large initiative contre les exclusions, pour combattre le développement des « sans » : sans domicile, sans papiers, sans travail… Dans la France que nous imaginons, personne de doit rester sans avenir. Mais la société solidaire, la société juste, aujourd’hui, ne saurait se limiter au seul Etat-providence, à la redistribution des richesses des « gagnants » vers les « perdants » de la société capitaliste. Cela n’est plus suffisant, à la fois parce que le capitalisme a changé et parce que la société a changé. L’Etat-providence n’est plus suffisant parce que le capitalisme a changé. Le capitalisme a subi des mutations profondes. Sa financiarisation a fait exploser les opportunités de profit, et par là les écarts entre ceux qui réussissent et les autres : le capitalisme financier d’aujourd’hui génère des inégalités beaucoup plus grandes que le capitalisme industriel d’antan. Son internationalisation remet en cause l’équilibre capital/travail, garanti par l’Etat : le capitalisme national était soumis à la régulation étatique, le capitalisme nomade s’en affranchit et joue au contraire de la concurrence entre Etats. Dans ces conditions, il n’est plus possible de se contenter de corriger après coup les inégalités sécrétées par le marché. Il faut désormais s’attaquer aux inégalités à la racine, là où elles se créent, c’est-à-dire au sein même du système de production. Nous, socialistes, avions trop souvent hésité à le faire : au nom de la pureté idéologique, nous nous interdisions de réformer la machine capitaliste de l’intérieur. Désormais, nous allons devoir nous « salir les mains » ! Ce « socialisme de la production » est fécond de nombreuses pistes : gouvernance d’entreprise, réglementation des marchés financiers, encadrement des délocalisations… Je voudrais simplement insister ici sur une perspective : celle de la sécurité sociale professionnelle. Parce que le capital est devenu ultra-mobile, parce que les sites industriels se délocalisent plus facilement, parce que les entreprises naissent et meurent plus rapidement, les carrières linéaires au sein d’une même entité appartiennent au passé : désormais, chacun, dans sa vie professionnelle, changera plusieurs fois d’entreprise, et également de métier. Les carrières deviennent discontinues. Or les travailleurs sont dans une situation fondamentalement inégalitaires face à cette nouvelle donne. La cadre très qualifié a une légitimité propre, celle de ses diplômes, qu’il peut valoriser devant ses nouveaux employeurs : le changement professionnel est souvent pour lui une opportunité d’accélérer sa carrière, en renégociant des responsabilités et un salaire. L’ouvrier non qualifié a pour seule légitimité la reconnaissance interne que lui a donné la qualité de son travail dans l’entreprise. Cette reconnaissance n’est pas valorisable devant un nouvel employeur : il est condamné au chômage ou, au mieux, à repartir de zéro. Pour lui, le changement professionnel est une rupture, parfois définitive, de sa carrière. Le capitalisme nomade suscite ainsi des trajectoires professionnelles violemment divergentes. Pour lutter contre cette inégalité fondamentale et nouvelle, la mise en place d’une « sécurité sociale professionnelle » est un enjeu crucial. L’objectif est simple : offrir à tous la passerelle entre l’ancienne entreprise et la nouvelle, entre l’ancien métier et le nouveau. Cela signifie offrir à tous la formation nécessaire à la réorientation de carrière. Cela signifie aussi créer de véritables aides financières à la mobilité professionnelle. L’Etat-providence n’est plus suffisant, non plus, parce que la société a changé. Les valeurs collectives évoluent, avec la montée de l’individualisme, l’aspiration au mérite, le besoin accru d’accomplissement personnel. Or disons-le tout net : nous ne savons pas prendre en compte ces attentes nouvelles. Dans une bonne logique marxiste, nous tenions un discours fataliste aux Français modestes, aux couches populaires : « Vous n’avez rien à attendre du jeu capitaliste : vous en serez toujours les perdants. Vous n’y pouvez rien, c’est la logique de classe : les classes populaires sont exploitées par les classes dominantes. Seul l’Etat social-démocrate sera à même de corriger les inégalités que vous subirez ». Les Français n’acceptent plus cette fatalité, les classes sociales ont perdu de leur cohérence et les individus ont soif de réussite personnelle. Ils nous disent : « Ne vous intéressez pas seulement à notre filet de sécurité en cas d’échec, donnez-nous aussi les moyens de réussir. » Or les moyens de réussir, les Français modestes ne les ont pas. La panne de l’ascenseur social, en France, est patente. Il y a autant d’enfants intelligents et travailleurs à Sarcelles qu’à Neuilly, et pourtant, souvent, ils réussiront à Neuilly et ils échoueront à Sarcelles. Les origines personnelles et leurs signes visibles (selon que l’on est blanc, black ou beur), le milieu familial (son « capital » financier, social et humain), l’environnement socio-urbain (intégré ou ghettoisé) surdéterminent l’accomplissement personnel. D’une certaine manière, la machine capitaliste ne crée pas les inégalités : elle ne fait que les constater. Elle traduit, en termes de réussite financière et professionnelle, les inégalités de départ. C’est dès lors à une révolution copernicienne que nous, socialistes, devons nous astreindre. Nous devons passer d’une logique de correction a posteriori des inégalités – c’est la logique de l’Etat-providence – à une logique de correction a priori. Avec un objectif politique renouvelé : garantir aux Français une réelle égalité des chances, une véritable égalité des possibles. Cette approche est un retour aux sources du socialisme, avec la recherche de l’émancipation du citoyen. Elle ouvre des perspectives de réforme radicale dans nos principaux services publics garants de cette égalité des chances : la petite enfance, l’éducation, le logement, l’urbanisme, l’intégration, la fiscalité familiale… Je voudrais reprendre un seul exemple : celui de l’école. Aujourd’hui, au nom de l’égalité républicaine, nous offrons en principe la même école à tous nos enfants : le même cursus, les mêmes matières, le même nombre d’heures de cours pour tous. Cela n’est d’ailleurs pas vrai en pratique : les écoles des quartiers défavorisés sont moins bien entretenues parce que les communes sont plus pauvres, les enseignements y sont moins bons parce que les enseignants n’y restent pas longtemps. Mais même si l’égalité formelle de principe était respectée, elle serait fautive : parce que le service public de l’école se veut égalitaire, il reproduit les inégalités de fait existant entre les enfants et les légitime. Il faut rompre avec cette égalité formelle et concentrer les moyens sur les élèves qui en ont besoin, afin de restaurer une réelle égalité des chances. Si un enfant a besoin de 30 heures pour assimiler son cours de mathématiques au lieu des 25 théoriquement prévues au programme, l’école doit être capable de les lui fournir. Mes chers camarades, Nous vivons la transition vers un nouveau cycle politique. Un cycle se termine. Il ne s’agit pas seulement du dernier cycle de la gauche au pouvoir, ni même du cycle d’Epinay. Il s’agit plus fondamentalement d’un cycle long du socialisme, celui du siècle dernier et qui a contribué à bâtir l’Etat-providence. Le monde a changé – nos schémas politiques ne peuvent rester les mêmes, ancrés dans le cadre doctrinal hérité de la deuxième guerre mondiale. Ce déphasage entre une forte demande politique de repères et de sens, exprimée par les Français, et une offre politique inadaptée et en recul idéologique, est à l’origine de la crise démocratique actuelle. Cette crise est un fait, ce n’est nullement une fatalité. Il nous revient de nous atteler à ce défi démocratique et de travailler à notre refondation intellectuelle. Il nous revient de construire un projet politique adapté aux mutations de la modernité, une vision de la société capable d’offrir les clés de l’avenir, une nouvelle identité face à la perte des repères collectifs anciens. Telle est l’ambition collective que nous devons nous fixer.
Par Tanger - Publié dans : Ses discours
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 12:19
Pour un nouveau compromis français Pierre Moscovici Haro sur le modèle social français ! C’est le nouveau mot d’ordre de la droite. Le débat sur le déclin de la France ne date pas d’aujourd’hui. Il a été relancé par l’ouvrage de Nicolas Baverez sur « La France qui tombe ». Depuis le non au référendum sur la Constitution européenne du 29 mai, la cause paraît entendue : la France serait en chute, elle aurait posé le sac, le modèle social français serait en faillite, il faudrait donc en changer. Je ne crois pas cette réponse juste. Les faits d’abord. Qui peut nier les difficultés de la France ? Le chômage reste un mal endémique, puisque notre pays connaît le plus faible taux d’emploi de l’Union. La croissance est durablement faible. Les gains de productivité plafonnent, l’investissement productif chute, le déficit et la dette publics dérivent, la création d’entreprises régresse, le solde extérieur s’écroule… Sur cette toile de fond, la France connaît une crise économique, sociale, politique, morale sans doute, d’ampleur. Les Français ont perdu la confiance dans l’avenir et, ipso facto, dans ceux qui les dirigent. La cause, pour autant, n’est pas entendue. Ce constat fait en effet fi des atouts de la France : celle-ci dispose d’une main d’œuvre de qualité, la productivité horaire et le niveau de formation y sont élevés. La qualité des services publics, l’importance des aides aux entreprises, la qualité de vie jouent également en faveur de son attractivité. La réussite des entreprises, le dynamisme des transactions financières, la force des pôles d’excellence scientifiques et technologiques attestent de sa solidité économique. Les diagnostics sur la « santé » de la France divergent donc fortement. Ce qui constitue un handicap pour les uns (le coût de la main d’œuvre, le poids de l’État, le potentiel économique…) est au contraire perçu par d’autres comme la source même de la puissance de la France. C’est dire qu’en réalité le débat est profondément politique. À quoi sert la thèse de la « panne française », à qui profite-t-elle ? Elle est, en vérité nourrie par des courants de pensée très hétéroclites : souverainistes nostalgiques, critiquant ce qu’ils présentent comme une dislocation de l’identité française dans la mondialisation, conservateurs corporatistes, vivant au contraire les évolutions économiques et sociales en cours comme une régression, antimondialistes obsédés par la recherche de soi-disant complots sociaux-libéraux… Le courant le plus puissant, le plus articulé, celui qui dispose avec Nicolas Sarkozy du débouché politique le plus affirmé est toutefois celui qui nourrit la tentation libérale-réactionnaire. Il s’agit pour lui, à travers la critique du modèle social français, d’attaquer à la fois les acquis sociaux hérités de la gauche –État-providence, droit du travail, 35 heures…- et une prétendue « sociale-démocratie » -en réalité sociale-démagogie-chiraquienne, réinventée par Dominique de Villepin. Cette remise en cause débouche, pour le Président de l’UMP, sur un changement radical, prenant pour référence le modèle anglo-saxon, préconisant une société de marché sans règles, supposé annoncer des lendemains qui chantent pour une économie libérée. Je refuse cette démarche, jouant sur les difficultés, mais aussi sur les peurs, pour démanteler notre État social. Je milite au contraire pour ce que Dominique Strauss-Kahn a appelé un nouveau compromis économique et social français, prenant en compte les réalités de la mondialisation, mais mettant en œuvre une volonté pour agir en faveur de l’efficacité économique et de la justice sociale. Cela suppose d’abord, à rebours de l’action confuse et régressive menée par la droite après 2002, une politique macro-économique équilibrée –sélectivité de la dépense publique, réduction du déficit et de la dette en pourcentage du PIB, politique fiscale stimulante et juste. Cela exige une véritable priorité donnée, enfin, à l’innovation, la recherche, la technologie. Cela appelle une politique industrielle volontariste, à l’échelle française et européenne, et une puissance publique active face aux délocalisations. Pour réussir tout cela, pour retrouver le chemin de la confiance, de la croissance et de l’emploi, le compromis républicain français doit être rénové et non détruit. Je crois, pour ma part, que nous avons besoin d’un État régulateur, de services publics forts et modernes, d’un système éducatif tourné vers l’avenir pour lutter contre les inégalités à la racine, d’une véritable sécurité sociale professionnelle, d’une relance de la négociation sociale, d’un Parlement revivifié et d’un engagement européen renouvelé. Cette voie est très différente du dynamitage systématique des structures politiques et sociales françaises au service d’un projet autoritaire et libéral, celui d’une droite sans complexes ni scrupules, un projet que je crois voué à l’échec et qui ne peut qu’aggraver les fractures françaises. C’est cette voie que je souhaite être, demain, celle que les socialistes proposeront en 2007. Pierre Moscovici, ancien ministre des affaires européennes, est vice-Président du Parlement européen
Par Tanger - Publié dans : ses amis
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 12:17
« Donnez-moi 100 jours et je rétablirai la confiance » : tel était l’engagement pris par Dominique de Villepin. Nous y sommes. Pour les 100 jours. Pas pour la confiance. A l’heure du verdict, un seul chiffre atteste, au contraire, de l’ampleur de la défiance : 79 % des Français ont le sentiment que « les choses vont en se dégradant » – depuis trente ans, nous n’avons jamais connu pareil pessimisme. Cela n’a rien d’étonnant : les Français souffrent et la France peine. Le chômage se maintient autour du taux record de 10%, les emplois précaires prolifèrent – et le contrat « nouvelle embauche » va encore renforcer cette tendance -, le pouvoir d’achat – celui des ouvriers et des employés comme celui des cadres - se dégrade, les finances publiques dérivent, la dette s’accumule. L’échec est là et les inégalités se creusent comme jamais. En dépit des prévisions optimistes et des déclarations martiales, notre croissance ne dépassera pas 1,5% cette année. Ce chiffre est dans la lignée de nos résultats économiques depuis 2002 : très mauvais. Le gouvernement, comme toujours, se défausse. Et pourtant, l’économie mondiale, en croissance annuelle de 5%, est florissante. Le dynamisme américain, porté par un progrès technique accéléré, ne se dément pas. Les pays émergents nous rattrapent - la Chine en est le symbole. Ouvrons les yeux. Il y a 25 ans, la France était en voie de rattraper le niveau de vie des Etats-Unis. Au rythme actuel, dans dix ans, le niveau de vie des Français sera retombé à 60% de celui des Américains, dans une situation intermédiaire entre les Etats-Unis et les pays émergents. Si la France se porte moins bien que ses partenaires, c’est, d’abord, parce qu’elle est mal gouvernée. Les décisions nécessaires ne sont pas prises. Les décisions prises ne sont pas nécessaires – quand elles ne sont pas néfastes. En cette rentrée, les Français attendent de l’opposition qu’elle s’oppose, ils attendent aussi des socialistes qu’ils proposent. Nous avions, avec Lionel Jospin, relancé l’économie française en 1997. La France présente apparemment aujourd’hui les mêmes symptômes. La tentation est donc forte de lui apporter les mêmes remèdes pourtant la maladie est aujourd’hui différente. Pourquoi ? Première raison : parce que l’économie française est plus profondément atteinte. En 1997, la droite avait assassiné la demande intérieure. Aujourd’hui, la consommation des ménages est « seulement » chancelante – même si la hausse du pétrole continue d’inquiéter. La nouveauté, c’est que, en plus, l’offre des entreprises est touchée. L’effondrement du commerce extérieur, largement bénéficiaire jusqu’en 2002 et désormais dans le rouge pour la première fois depuis 1992, en atteste : notre économie ne répond plus à la demande internationale. Conséquence : contrairement à 1997, nous ne pourrons pas centrer notre politique sur la seule relance de la consommation, nous devons aussi renforcer l’offre grâce à des investissements productifs. Deuxième raison : en 1997, nous avions l’euro en perspective : l’Europe était un facteur de confiance. Aujourd’hui, elle est en panne. De rodomontade en défausse, le Gouvernement a gâché l’embryon de coordination économique que nous avions créé autour de l’Eurogroupe. La politique économique européenne est ainsi gravement défaillante. Et l’échec de la Constitution européenne a achevé de saper la confiance, l’espoir européen est à reconstruire. Troisième raison : en 1997, on parlait beaucoup de mondialisation mais on n’en voyait guère les effets. Aujourd’hui, il suffit d’aller dans son centre commercial pour constater combien de produits sont fabriqués en Chine ou ailleurs. La conséquence, c’est le retour de la question sociale : le monde est aujourd’hui, et pour longtemps, abondant en travail bon marché. Et les effets sont d’ores et déjà visibles : pression à la baisse sur les salaires, licenciements, délocalisations. Conclusion ? Nous ne traiterons pas les problèmes de 2007 avec les recettes de 1997. Aussi, mes propositions pour demain tournent autour d’une orientation et de trois directions principales. L’orientation, c’est le « développement solidaire ». Je dis bien développement car nous ne pouvons plus nous limiter à une seule vision quantitative de la croissance. Parce que la société des hommes ne se limite pas à la seule économie, il est indispensable d’intégrer des objectifs non marchands : l’éducation, la santé… Solidaire, parce que c’est le coeur du modèle français et européen. Solidarité entre nous, par la redistribution. Solidarité avec les générations à venir : c’est le développement durable – laisser un monde meilleur à nos enfants. Solidarité avec le reste de la planète : nous ne saurions nous constituer en isolat de prospérité dans un monde misérable - le terrorisme, entre autres signes, est là pour nous le rappeler douloureusement. Nicolas Sarkozy a tort : nous ne saurons répondre à la crise – bien réelle - de notre modèle par l’abandon de la solidarité. Les Français ne sont pas prêts à le brader au profit du néolibéralisme américain. Ils veulent au contraire le rénover. Rénover notre modèle passe d’abord par l’emploi, qui doit rester notre objectif premier : le chômage est un scandale, le travail la clé de voûte de nos valeurs. Gardons, comme en 1997, un cap volontariste sur le plein emploi. Mais la méthode sera différente. D’abord, il faudra compter davantage sur la croissance elle-même que sur l’enrichissement de son contenu par de nouvelles incitations réglementaires ou financières. Ensuite, il faudra avoir une approche équilibrée entre préservation des emplois existants et augmentation des chances de retour à l’emploi. Certes, il faudra continuer à protéger les emplois. Le déferlement récent du textile chinois, en raison de la levée des quotas d’importation, l’a montré : nous ne pouvons laisser jouer sans entraves les forces de la mondialisation. C’est ainsi que j’ai proposé un plan de lutte contre les délocalisations : aides à la reprise d’un site pour éviter sa fermeture « sèche », intervention en capital de la puissance publique en attendant un repreneur (ce que certains ont appelé des « nationalisations temporaires »), maintien de la taxe professionnelle après le départ pour permettre la réindustrialisation du site… Mais il ne faut pas mentir aux salariés : ils savent ce que valent les promesses sans suite. Nous n’éviterons pas toutes les destructions de postes. C’est pourquoi la puissance publique doit aussi s’investir dans l’appui aux salariés qui ont perdu leur emploi. Tel est le sens de la « sécurisation des parcours professionnels » proposée par la CFDT. La deuxième politique, c’est la mutation profonde de notre économie. Il faut des efforts massifs dans une série de domaines stratégiques : la recherche, l’enseignement supérieur, l’innovation. Or, depuis cinq ans, on parle bien d’économie de la connaissance mais nous la voyons se développer partout sauf chez nous. Le classement mondial des universités que publient chaque année les Chinois nous place en piètre position. La dépense nationale par étudiant stagne à un niveau misérable. La déshérence des laboratoires désespère nos chercheurs. Je ne peux l’accepter. La troisième politique passe par la refondation de la politique économique européenne. Je veux être net : aux premiers temps de la monnaie unique, le pilotage automatique de la zone euro, à travers les règles du pacte de stabilité, pouvait avoir des vertus. Il est totalement inapproprié aujourd’hui : il faut mettre un pilote dans l’avion européen – et créer, enfin, un gouvernement économique de la zone euro, chargé de la coordination budgétaire et de la politique de change. Ce gouvernement économique devra dialoguer avec l’autre acteur de la politique économique européenne, la Banque centrale européenne, dont le rôle n’est pas de donner des leçons aux gouvernants et aux sociétés mais de prendre sa part à la dynamisation de l’économie européenne. Ces politiques ont vocation à recréer un cercle vertueux entre croissance et solidarité. En rythme de croisière, elles seront financées par la croissance supplémentaire qu’elles génèrent. Mais au départ, il faut amorcer la pompe. Et cet amorçage coûtera cher. Si l’on veut convaincre les Français, il faut dire la vérité sur les nouvelles ressources. Certaines pistes me paraissent prioritaires, comme d’ouvrir à l’Union européenne la capacité d’emprunter. Mais nous n’échapperons pas à un réaménagement de la fiscalité qui pèse trop sur les salariés. Plusieurs propositions sont sur la table : création d’un impôt sur les sociétés européen, rééquilibrage de l’impôt sur le travail et de celui sur les plus values, mais aussi utilisation de la TVA pour proteger les citoyens contre les consequences dommageables de certains produits en matiere de santé (junk food) ou d'emploi (délocalisations)» Ces instruments doivent avant tout être au service d’un objectif : le développement solidaire. C’est lui qui doit nous guider pour tracer le chemin d’une alternative pour la France en 2007. Et, ainsi, redonner l’espoir aux Français qui, 100 jours après l’entrée en fonction du nouveau Gouvernement, ont besoin d’autres perspectives.
Par Tanger - Publié dans : Ses discours
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